Des nouvelles du centre de Nyota, mars 2026
- Bernard Ugeux

- 25 mars
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Les activités se poursuivent le plus normalement possible. Cependant les apprenantes sont davantage stressées par les conditions de vie et plus nombreuses à souffrir de malnutrition. Malgré cela, le 7 mars, la communauté éducative a fêté la journée des droits des femmes. Une jeune enseignante leur a parlé non seulement des droits des femmes dans la cité mais elle leur a aussi donné des conseils pratiques pour la création et la gestion de micro- projets qui leur permettent de se prendre en charge dans l’avenir . Suivirent alors les poèmes rédigés par les participantes à l’Ecole de la paix (formation pour les élèves volontaires), les chansons et les danses par promotion. Une belle émulation dans la créativité ! Alors que l’encadrement avait renoncé à offrir une boisson et un en-cas pour des raisons budgétaires, les apprenantes se sont organisées elles-mêmes pour se cotiser et fournir des beignets et un jus de fuit à tous les participants.

Je suis souvent bluffé par la créativité et le dynamisme de ces jeunes – qui ont été si éprouvés dans leur cœur et souvent dans leur chair – qui n’ont pas un sou, mais qui ne veulent pas renoncer au droit de célébrer leur journée. L’instabilité de certaines familles nous oblige à des interventions d’urgence pour des élèves qui se retrouvent soudain à la rue. Nous n’avons pas d’internat mais quelques lits qui permettent d’accueillir provisoirement celles qui sont en attente de logement et de sécurité. Dans ce cas, du personnel loge sur place pour assurer l’alimentation et la sécurité. Notre budget à une ligne d’aide sociale dans ce but. Je ne soulignerai jamais assez l’investissement du personnel du Centre qui sacrifie parfois sa vie de famille pour accueillir des urgences.

Extraits de l’allocution de Christine Ciza, enseignante à Nyota
En RDC, notre Constitution est claire sur l'égalité. Mais le défi reste celui de la garantie de ces droits et de l’autonomisation. Garantir un droit, c’est s’assurer q
u’aucune fille ne quitte l’école à cause d’un mariage précoce ou par manque de moyens.
Mais au-delà de la survie, nous visons l'autonomisation durable. Qu'est-ce qu'une femme autonome ? C'est une femme qui possède les outils intellectuels et financiers pour décider de
son propre destin.
Ce n'est pas une aide temporaire, c'est une force structurelle qui permet aux femmes d'accéder à la terre, au crédit et aux hautes responsabilités. (…)
C’est par l’Action concrète que nous obtiendrons des Droits garantis. C’est par la Justice que nous protégerons les fruits de l’Autonomisation. Lorsque nous protégeons une élève aujourd'hui, nous préparons la ministre, l'ingénieure ou la cheffe d'entreprise de demain.



